Nos enfants sont différents de nous: Acceptons-les tels qu’ils sont.

Que j’aimerais que mon fils devienne un médecin! Que j’aimerais que ma fille devienne avocate? Que j’aimerais. Que j’aimerais….

Les parents voudraient que leurs enfants fassent ce qu’eux aimeraient qu’ils fassent ou qu’ils auraient aimé faire. Pourquoi? Parce que longtemps et encore aujourd’hui la classe moyenne croit que la vie des gens instruits est garante du succès, du bonheur même. Totalement faux. L’instruction est un outil de plus dans les mains d’une personne instruite, rien de plus.

Le plus important que l’on puisse dire à notre enfant c’est soit heureux comme toi tu l’entends; le seul souhait que je te fais c’est que tu puisses faire ce que tu aimes dans la vie.

Le paraître est un des plus grands pièges qui guette souvent les parents face à ce que leurs enfants deviennent dans leur vie.

Les parents doivent être conscients qu’il n’y a aucune cause à effet entre la profession, le métier et le bonheur de chacun. L’argent, les titres ne donnent pas le bonheur, ils peuvent tout au plus nous rendre plus libre d’agir comme nous le désirons et encore et encore.

Le bonheur ressenti par les parents d’enfants heureux sera le même qu’ils soient bien nantis ou moins bien nantis.

Les enfants des bien nantis et des moins bien nantis sont tous des enfants. Ils sont tous leurs bébés. Leurs besoins sont les mêmes : être aimés, être acceptés, être protégés tels qu’ils sont.

J’ouvre ici une parenthèse : Un enfant est toujours l’enfant de ses parents tant que les parents vivent et cela quel que soit l’âge des enfants.

Il est important de reconnaître que dès sa naissance l’enfant n’est pas un objet. C’est un petit être humain qui n’est pas là pour combler notre besoin d’affection. Les parents dès lors sont responsables d’amener l’enfant à maturité sachant que l’enfant devra avoir une bonne estime de soi. Et pour ce faire Sherrie Campbell, psychologue agréé, suggère sept phrases que tout enfant a besoin d’entendre : « Je t’aime. Je suis fier(e) de toi. J’avais tort et j’en suis désolé(e). Je te pardonne. Je t’écoute. Tu es responsable. Tu as tout ce qu’il faut pour réussir.

Je termine cette réflexion en vous citant un texte de la psychologue MarieAgnès Thulliez, PhD.

Je ne pourrais pas mieux dire et je préfère offrir aux lecteurs la clarté de ce texte qui nous éclaire sur ce qu’est le rôle des parents face aux enfants.

« Pour des parents aimants, lorsque l’enfant paraît, il n’y a pas d’autres choix que de l’accepter, l’aimer, le prendre dans ses bras, le protéger et l’aider à grandir. Nous aimons nos enfants de manière inconditionnelle et nous extasions devant leurs progrès !

Puis, quand ils grandissent, et sont prêt à quitter le giron familial pour s’envoler vers d’autres cieux, quand vient l’heure des choix d’études, de métiers, de vie, de partenaires, notre amour à tendance à devenir conditionnel en fonction de ce que nous voudrions pour leur « divin bien ».

Nous oublions alors, que nous sommes des guides et des protecteurs dans leur enfance et des facilitateurs pour les conduire vers demain. Ils ne nous appartiennent pas, ils ont des êtres différents de nous, et non un prolongement de nous. Notre rôle de parent passe de celui de manager quand ils sont enfants, à celui de consultant quand ils deviennent adultes.

Nous avons tant de rêves pour eux, tant de projections par rapport à ce que nous aurions voulu faire, et n’avons pas pu, tellement envie d’être fier d’eux et qu’ils réussissent leur vie ! Nous les bourrons d’activités, nous acharnons pour qu’ils réussissent à l’école, payons des cours privés, bref mettons tout en œuvre pour en faire les chefs-d’œuvre de notre vie !

Mais qu’en est-il, s’ils ne deviennent pas ce que nous voudrions qu’ils soient, et s’ils font des choix de vie qui ne nous conviennent pas ? L’importance d’aimer nos enfants tels qu’ils sont, prend alors tout son sens !

S’ils font des choix qui sont les leurs (pas de se mettre en marge de la société), plutôt que de risquer d’en faire des êtres frustrés, à la recherche de notre reconnaissance leur vie durant, ou de risquer de les perdre pour toujours, n’est-il pas préférable de les aimer tels qu’ils sont, même si nous ne sommes pas d’accord?

Sérieusement, quels parents souhaitent voir leurs enfants malheureux parce qu’ils n’ont pas accepté leurs choix de vie ? Voulons-nous vraiment cela pour nos enfants ?

Nos enfants sont des éclaireurs, ils nous ouvrent de nouvelles alternatives, et des chemins différents auxquels nous n’aurions peut-être jamais pensé, ils nous poussent dans nos retranchements, nous bousculent dans nos certitudes, nous confrontent à nos limites…

Il faudrait pouvoir écouter humblement nos enfants, réaliser qu’ils ont grandi et sont devenus des êtres différents de nous, qui peuvent et ont le droit d’avoir leurs vérités propres, de faire leurs propres choix, différents des nôtres et surtout faire le deuil de ce que nous aurions souhaité ou voulu pour eux, si cela ne leur convient pas.

Combien d’entre nous ont choisi une voie, un métier, un époux, une épouse que leurs parents ont choisie pour leur plaire, par loyauté familiale, peur, culpabilité ou autre, pour se rendre compte des années plus tard qu’ils avaient fait des choix qui ne leur convenaient pas ?

Combien n’ont pas osé sortir du placard à cause de la honte, ou par peur de la réaction de leurs parents, se sont mariés, ont eu des enfants, pour tout casser des années plus tard, à la stupéfaction générale, et celle de leurs épouses et de leurs enfants !

Parents, rappelez-vous quand vos enfants sont arrivés dans votre vie, vous étiez le centre de leur monde, investis de la tout puissance qui sied à la vulnérabilité de l’enfance. Puis vos enfants ont grandi, et sont devenus adultes, ont forgé une personnalité qui leur est propre. Ils sont devenus des personnes à part entière, avec leurs vérités, celles qui les rendent heureux et leur appartiennent.

Laisser nos enfants faire de leur vie ce qu’ils veulent qu’elle soit, en continuant à être des guides et non des dictateurs, en les laissant libres de choisir sans les culpabiliser, en acceptant vraiment leurs choix, est la seule et unique façon pour leur éviter des années d’errance et de mal-être et vous éviter des années de désespoir. N’attendez pas qu’ils disparaissent de votre vie ou que vous soyez exclus de la leur !

Leur donner la possibilité d’être authentiques, en acceptant qu’ils soient tels qu’ils sont, est un cadeau de savoir-être que vous leur faites, un vrai passeport pour leur bonheur.

Dites-leur que vous les aimez, que vous leur faites confiance et à quel point vous tenez à eux, et vous leur donnerez la force et les ailes pour aller vers demain, vivre et se réaliser pleinement dans ce qu’ils aiment en étant tels et qui, ils sont vraiment.

N’oubliez pas, quand ils seront à l’apogée de leur vie, et vous au crépuscule de la vôtre, que si vous les avez accepté et encouragé, non seulement ils seront les meilleurs amis que vous n’aurez jamais eus, mais surtout, ils seront là pour vous ! »

 

 

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