Une vie bien ordinaire au Québec depuis 1943 (15)

Revenons aux années de cette pratique du droit au bureau de Pelletier, Gagnon, Lessard et Ménard dans les années 1983-1988.

En 1987, ce fut l’ouverture du nouveau Palais de justice de Sherbrooke au 375 rue King Ouest, juste en face de notre bureau d’avocats. Dans ces années, la majorité de nos dossiers étaient des dossiers de séparation et de divorce. Je me souviens avoir fait en moyenne 3-4 dossiers de séparation ou de divorce par semaine. La principale différence entre une séparation et un divorce, c’est que le divorce coupe le lien du mariage tandis que la séparation ne dissout pas le mariage, mais plutôt libère de l’obligation de vivre ensemble.

Un jour, lors d’un dîner bien arrosé avec mon ami Claude Boulard, ce dernier, tout en jasant, me dit qu’il aimerait cela avoir une émission bien spéciale les dimanches soir d’été à Cimo FM. Cette idée germa tout doucement dans ma tête. J’en parlai à mon amie Carole Fréchette et ensemble, nous avons pondu l’émission Cimo en amour avec Carole Fréchette et Laurent Pelletier.

Nous avons présenté notre ébauche à Claude qui l’accepta; notre plage dans la programmation de Cimo fut les dimanches soir, de 20 h à 23 h. Nous avions autant de plaisir à préparer cette émission qu’à l’animer.

Le concept était accrocheur. Chaque émission produite avait un thème différent tel que l’amour, les enfants, les parents, le couple, les jeunes, les vieux et j’en passe.

Quand nous avions trouvé le thème de notre émission du dimanche, nous recherchions des textes et surtout des chansons se rapportant à ce thème bien précis.

Puis nous avions un commanditaire, René Vachon de Chez René discothèque, ce qui nous permettait de financer des pancartes affichant notre émission, pancartes que l’on posait dans des endroits publics de la région.

Cimo en amour fut une belle expérience pour Carole et moi. En même temps, nous suivions un cours de communications sous la direction de Jean Malo, fondateur de l’école Jean Malo. Pour les plus jeunes, il faut savoir que Jean Malo, dans les années 1970, était chanteur-animateur, soit une vedette au Québec. Jean a été élu Révélation de l’année en 1968 au Gala des artistes avec Renée Martel.

Il faut savoir aussi que Carole et moi avions aussi une émission les samedis matin, toujours à Cimo FM, où nous y faisions des interviews de personnalités du Québec.

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Un jour, en 1983-84, je reçois un coup de téléphone de Raynald Brière, alors vice-président de Radio Mutuel, propriétaire de la station radiophonique CJRS 1510, me demandant si je pourrais être intéressé à animer une émission le midi à CJRS avec un autre avocat, émission où l’un dirait noir pendant que l’autre dirait blanc sur les sujets d’actualité. « Penses-y et reviens moi dès que possible ».

Avec qui pourrais-je animer une telle émission radiophonique? Immédiatement, le nom de Me Marc Montplaisir me vint à l’esprit. J’en parlai à Marc qui accepta immédiatement.

Je contactai Raynald Brière pour l’informer que Me Marc Monplaisir acceptait de faire l’émission avec moi.

De 6 h 45 à 9h, Richard Gendron ouvrait la station avec son émission Réaction et suivait, de 9 h à 11 h, Louise Deschâtelets avec Question de vie et de 11 h à 12 h, c’était Radio Café Provigo avec Benoît Marleau. À 12 h 15, c’était nous avec l’émission Confrontation. Puis entre 15 h et 16 h, c’était Jean-Luc Mongrain avec son émission À l’ordre du jour.

Cinq jours par semaine, entre 12 h 15 et 13 h 30, Marc et moi avons animé l’émission Confrontation pendant quelques mois. Déjà, le mot confrontation n’allait absolument pas plus avec la personnalité de Marc qu’avec la mienne.

Tout comme moi, Marc avait son bureau d’avocats. Entre nous, 850 $ chacun par semaine pour s’obstiner le midi, c’était bien payé, mais …

Nous avons animé cette émission pendant quelques mois, je ne me souviens plus combien de mois, mais lors d’une émission où nous nous étions obstinés pas à peu près, je demandai à Jocelyn Proulx, alors technicien à CJRS, de me donner la cassette de l’émission que je remis à Marc, lui demandant de l’écouter et de me revenir avec ses commentaires.

Il est environ 22 h 30, le téléphone sonne et c’est Marc au bout de la ligne qui me dit : « Laurent, c’est bien nous sur cette cassette, t’es bien certain? » Tous les deux nous n’acceptions pas d’agir de la sorte à la radio. C’était contre nature pour les deux.

Alors nous nous sommes entendus de faire le lendemain, qui était un vendredi, notre dernière émission laquelle serait douce, intelligente, agréable, sans confrontation.

Il n’y avait pas cinq minutes qui étaient passées après l’émission que Monsieur Brière nous congédiait.

Pour moi, ce fut ma dernière expérience à titre d’animateur de radio.

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À cette période, je demeure à Orford, mais ma vie sociale se passe plutôt à Sherbrooke, très peu à Magog.

Un jour, ma secrétaire Linda Couture arrive dans mon bureau et me dit : « Me Pelletier, j’ai Jean-Guy Gingras et Yves Grandmaison ici et ils veulent vous rencontrer ».

Jean-Guy Gingras et Yves Grandmaison entrent dans mon bureau. Je connaissais très peu ces personnes connues de Magog.

Jean-Guy et Yves me remercient d’avoir accepté de les recevoir et immédiatement, ils m’informent du but de leur visite : que je devienne président de la Traversée Internationale du Lac Memphrémagog.

« Voyons donc les gars, il y en a sûrement d’autres qui peuvent faire la  job ». Je me souviens que Jean-Guy m’avait dit que si j’acceptais la présidence pour l’édition 1987-1988, il serait avec moi l’un des vice-présidents du conseil d’administration.

Je les remercie d’avoir pensé à moi, mais je me dois de refuser. Je crois que c’est Yves qui me dit quelque chose comme ça: « Ne prends pas ta décision immédiatement, penses-y, on te revient plus tard pour la réponse ». Les jours passent, je ne pense plus à cela et un soir, je reçois un appel de Ronald Maheu, autre grand bénévole pour la Traversée, qui me dit :« Laurent, viens prendre une bière, on est 3-4 gars de la Traversée à mon bureau, on aimerait te voir ».

Ce soir-là, j’ai trouvé des gars « le fun », capables de parler sérieusement, mais aussi capables de rire, de s’amuser. Personne ne se prenait pour d’autres. Je suis sorti de cette réunion et j’avais accepté la présidence de ladite Traversée Internationale du lac Memphrémagog 1987-1988. Je devenais le 4e président de la Traversée, soit des 9e et 10e éditions de ladite traversée.

Je remplaçais deux grands présidents, à savoir Jean Dion (1982-1983-1984)   et Yves Grandmaison (1985-1986).

La première édition de la Traversée eut lieu à l’été 1979, sous la présidence de Georges Lussier, le fondateur.

Il faut savoir que la distance entre Newport (Vermont) USA et Magog par le lac Memphrémagog est de 42 kilomètres, ce que nagent les nageurs la journée de la compétition.

Dans les années 1989-1990 sous la présidence de Jean-Guy Gingras et les années 1991-1992 sous la présidence de Serge Laurendeau, la Traversée continua avec le même succès que les précédentes éditions.

On parle de budget d’environ 700 000 $ – 900 000 $. On parle également de foule de 30 000 à 35 000 personnes lors de la journée de la nage.

Les années 1987 à 1992 furent sûrement les plus belles années de la Traversée Internationale du Lac Memphrémagog. On sentait chez les citoyens de Magog un grand sentiment d’appartenance. C’était leur Traversée à eux.

La parade des nageurs, par exemple, sous la direction du couple-chocolatier Alain Vanden Eyden et Danielle Lalous, attirait beaucoup de monde sur la rue principale, soit trois rangées de personnes sur chaque côté des trottoirs.

Entre les années 1987 et 1992, nous retrouvions quasiment le même conseil d’administration et le même esprit se dégageait de cette équipe extraordinaire.

En 1989, lors de la présidence de Jean-Guy, avec ce dernier j’avais mis sur pied le Bureau des gouverneurs de la Traversée que je présidais, qui avait pour but d’aider le conseil d’administration à résoudre surtout les problèmes financiers ou administratifs. Le Bureau des gouverneurs avait dans le fond un rôle de lobbyiste, un rôle de contact avec les décideurs dont la Traversée avait besoin.

Le Bureau des gouverneurs était composé de personnes représentant nos commanditaires majeurs et de personnes capables de dénouer les nœuds qui pouvaient affecter la bonne marche du conseil d’administration face aux résultats qu’il devait atteindre.

On retrouvait au sein dudit Bureau des gouverneurs : Paul Gobeil, ex-vice- président de Métro et ex-président du Conseil du trésor sous le règne de Robert Bourrassa, Gilles Beauregard d’Air Canada, Pierre Touchette de Seagram, Bernard Roy, chef de cabinet de Brian Mulroney alors premier ministre du Canada, Pierre Bibeau, organisateur en chef du Parti libéral du Québec, André Tranchemontagne de Molson, Jacques Cassignac de Gaz Métropolitain et Pierre Jadoul vice-président de Bell Canada à cette époque.

Au sein de ce Bureau des gouverneurs, Jean-Guy Gingras et Serge Laurendeau en seront d’office membres et ce seront eux qui me remplaceront tour à tour à titre de président à mon départ.

Je vous donne deux exemples. En 1989 ou 1990, le poulet Pat Kentucky est un commanditaire majeur à la Traversée. La commandite de cette compagnie à cette période, de mémoire, se situe à 18 000 $.  Quelques semaines seulement avant l’évènement de la Traversée, je reçois un appel téléphonique d’un préposé de Pat Kentucky pour m’informer qu’il retire leur commandite. À ce que je comprends, Pat Kentucky avait décidé de retirer leur commandite qu’ils avaient au Québec à cette époque pour des raisons politiques.

Pour l’organisation de la Traversée, c’était une commandite importante. Je communique avec Bernard Roy, chef de cabinet de Brian Mulroney qui, lui, refile le dossier à Jean Charest alors ministre des Sports à Ottawa.

Il faut savoir que la Traversée Internationale du lac Memphrémagog était un évènement majeur, entre autres pour les commerçants, les restaurateurs et les hôteliers de la région de l’Estrie, surtout ceux de Magog-Orford.

Je reçois un appel de la députée de Brome-Missisquoi, madame Gabrielle Bertrand, qui m’invite à Ottawa pour aller chercher un chèque de 18 000 $.

Une autre anecdote concernant le Bureau des gouverneurs. À cette époque, à la Traversée, nous avions des cabanes qui servaient aux artistes pour exposer leurs œuvres et pour certains, la possibilité de les fabriquer dans ces petites cabanes. Nous avions besoin de beaucoup de bois pour la construction et l’entretien de ces cabanes. Or, l’un des membres du Bureau des gouverneurs qui avait le contact avec le bureau chef de la bannière d’un fournisseur de matériaux à Magog, fit le nécessaire et lorsqu’on arriva chez ce fournisseur de matériaux, ce fut très facile de nous entendre.

Nous étions bien organisés.

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Je reviens au début, à la suite de ma décision de m’impliquer à titre de président.  Nous étions trois à la première réunion du conseil d’administration, à savoir Jean-Guy Gingras, vice-président et Jean-Claude Morin, secrétaire-trésorier. Pendant des années ce fut le Triumvirat qui dirigea ladite Traversée.  Il nous fallait trouver d’autres bénévoles qui accepteraient de faire partie de notre conseil d’administration.

Puis, nous héritions d’un bilan déficitaire. Sans argent, nous ne pouvions pas avoir une organisation sérieuse. Nous avions confiance en nous et étions certains de pouvoir faire de cet évènement l’évènement majeur en Estrie.

Nous nous sommes rendus à la Banque Nationale; Jean-Guy Gingras, Jean-Claude Morin, Yves Grandmaison et moi avons cautionné un prêt de 130 000 $.

Comments 2

  1. toute une facette de ta vie que je ne connaissais pas, le bénévolat apporte toujours du nouveaux dans nos vies… Bravo a toi, bien content de t’avoir lue encore une fois… bonne journée mon ami.

  2. Cher Laurent, je suis très content d’avoir eu privilège de lire cette belle Odyssée. d’une belle partie de ta vie que j’ai croisée à certaines étapes de ma vie.
    Air plaisir de se reparler….. Jean Jacques

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